jeudi 31 janvier 2013

Poterie et artistes invités

Mettre la main à la pâte. Se salir. Sentir la viscosité froide sur ses doigts. Créer à partir de rien. L'expérience de l'argile, c'est tout ça et bien plus. Dans le cadre de notre future exposition «L'heure du thé», les élèves en multi-arts de ma collègue et moi ont rencontré des artistes céramistes et ont utilisé pour la première fois un tour à poterie pour créer des tasses fonctionnelles.

Les artistes en question, Michel Viala et Sara Mills, font partie du programme Culture à l'école. Ils travaillent habituellement à leur atelier de poterie et fabriquent autant des objets usuels que des objets d'art, que vous pouvez voir sur leur site. D'une très grande générosité et d'une passion contagieuse, ils sont venus animer deux ateliers de deux heures en classe. Lors de la première visite, ils nous ont appris les techniques de base de modelage de l'argile et chaque élève (et les profs aussi!!!) a fait lui-même sa tasse sur l'un des deux tours à poterie que les artistes ont apporté de leur atelier, aidé bien entendu de la main experte de Sara ou Michel.

Deux semaines plus tard, nous avons ressorti les tasses, maintenant presque sèches. La première étape, pas aussi laborieuse que certain élèves peuvent laisser croire (quel acteur!) est de polir la tasse pour enlever le surplus de poussière d'argile et d'imperfections.



Ensuite, Michel nous a expliqué comment modeler l'anse et surtout, comment la coller de façon efficace avec de la barbotine. La dernière étape est l'application de l'engobe, cette mixture d'argile et de pigment coloré qui permet d'égayer nos oeuvres.



Michel et Sara étaient toujours enthousiastes à faire profiter les élèves de leur savoir-faire.





Et voilà le travail!





Certains élèves ont même fabriqué des petites pièces d'argile à l'intérieur de leur tasse!

Maintenant que nos deux artistes sont repartis à Pigeon Hill avec nos oeuvres, il ne reste plus qu'à attendre que la cuisson au four soit faite avant d'aller les chercher et admirer le résultat final. Les élèves n'en reviennent pas qu'ils pourront VRAIMENT boire dedans!










vendredi 11 janvier 2013

Les monstres surréalistes

Parfois, les idées les plus simples et les plus libres donnent les résultats les plus efficaces.
Ce projet a été planté dans ma tête par une professeure de didactique des arts visuels lorsque j'étudiais à l'UQÀM. Je l'ai repris par la suite lorsque j'ai fait de la suppléance au primaire, car il exploite magnifiquement bien l'imagination enfantine et il peut se faire en moins d'une heure avec une seule feuille et quelques crayons de cire (si on s'en tient à sa plus simple expression). Au secondaire, il libère le geste et permet aux ados de se reconnecter avec l'aspect ludique des arts. Je parle du dessin automatique.

Encore mieux, il se résume en quelques lignes:

Donnez une feuille blanche et un crayon à mine à chaque élève et demandez-leur de fermer les yeux. Puis, vous racontez ceci:
Imaginez que votre mine de crayon est une ficelle que vous déposez délicatement sur la feuille. À partir du moment que la mine touche la feuille, il est ABSOLUMENT INTERDIT de lever le crayon. Vous continuez de faire tomber la ficelle qui s'entremêle au fur et à mesure qu'elle prend de la place sur la feuille.
Demandez-leur ensuite, toujours sans lever le crayon, d'ouvrir les yeux et de continuer la ligne courbe qu'ils sont en train de dessiner pour prendre le plus d'espace possible sur la feuille (sans le savoir, ils sont en train d'équilibrer leur composition!)
Une fois le «dessin sans dessein» terminé, demandez-leur de repérer un visage dans cet enchevêtrement de lignes abstraites, en tournant et retournant le dessin dans tous les sens. Deux yeux, un nez, une bouche déformés, et voilà qu'un monstre ou un étrange animal apparaît devant leurs yeux!


J'aime beaucoup ce projet parce qu'il s'apparente au travail de certains surréalistes abstraits comme Juan Miro et, surtout, les dessins automatiques d'André Masson. J'ai donc commencé par montrer à mes élèves de première secondaire plusieurs oeuvres surréalistes et certaines techniques qu'on y retrouve: le dessin automatique, le fumage et le grattage. Puis, je leur ai expliqué que nous allions expérimenter ces trois techniques.

Lorsque leur dessin automatique est terminé, les élèves retracent au feutre noir les lignes délimitant leur visage/monstre/animal/forme figurative. Ils effacent les lignes superflues à l'intérieur de la forme, mais conservent les lignes abstraites à l'extérieur comme arrière-plan. Puis, ils colorient à la cire l'intérieur de la forme et aussi les lignes de l'arrière-plan. Il est très important de leur dire d'appliquer la couleur en aplat, de peser fort sur le crayon et de ne laisser aucune trace de papier paraître sous la couleur.


Ensuite, ils recouvrent tout leur dessin d'encre de Chine (pour ma part, je l'ai diluée à un peu d'eau), et ils épongent le surplus de liquide avant de laisser sécher. Il ne reste plus qu'à gratter la feuille pour faire réapparaître la couleur. Les élèves sont fascinés par ce principe que le gras de la cire repousse l'eau contenue dans l'encre.

Pour sortir un peu des sentiers battus de l'éternelle feuille rectangulaire, je leur ai ensuite demandé de découper la ligne extérieure qui délimitait leur dessin et de le coller sur un support coloré. Et voilà!