mardi 27 novembre 2012

Mon soulier: dessin d'observation

Ah, les premiers jours d'école.
Pour une enseignante à contrat, cela rime avec nouvelle école, nouveaux collègues, nouveaux locaux, nouvelles matières... On ne sait pas trop dans quoi on s'embarque, sur quoi on va atterrir.
Ce n'est pas le moment de se lancer dans la sculpture sur bois ou les masques de plâtre...

C'est une bonne amie à moi qui m'a dit l'an passé: «Tu essaieras, le dessin d'observation du soulier, ça marche avec n'importe qui, n'importe quand, et à tout coup!» Alors j'ai essayé.

J'ai fait l'exercice avec les secondaire 3 l'an passé, en devoir pendant le temps des fêtes. Le résultat n'était pas si pire, mais tout de même pas très satisfaisant. J'avais hâte de voir de quoi mes secondaire 1 et 2 de cette année étaient capables. Avec beaucoup d'insistance sur les exercices de tons de gris, de dégradés. Avec des capsules qui expliquent la différence entre connaître et voir. Ils sont à ce stade qu'ils ont tendance à dessiner tout ce qu'ils savent du soulier: par exemple, ils dessinent les oeillets des deux côtés, les lacets passant à travers la languette sans effort. Dessiner ce que l'on voit vraiment est tout un apprentissage.

Les résultats m'ont jetée par terre.










Les gars ont vraiment bien travaillé pour ce projet. En général, ils avaient aussi des souliers au design plus élaboré, alors que les filles s'ennuyaient un peu à dessiner leurs petites ballerines noires...

mardi 30 octobre 2012

Graffitis et Société des Arts Technologiques [SAT]

Vendredi dernier, je suis allée visiter la [SAT] avec mes élèves de multi-arts de 2e secondaire. C'est un magnifique centre de recherche artistique sur les médias interactifs et immersifs. C'est aussi l'un des seuls endroits au monde pour aller voir des vidéos sur écran à 360 degrés. Et oui, c'est aussi là qu'Ubisoft a fêté Noël l'an dernier.

Aussi, à partir de cette année, elle offre des visites gratuites aux écoles de la CSDM (notre classe fut la toute première!), en plus de ses nombreux cours sur plusieurs outils technologiques de création.

Tout d'abord, nous avons profité de l'occasion de se rendre au centre-ville pour apprécier les graffitis aux alentours de la [SAT] et de la galerie Espace peint frais / Fresh paint (cliquez ici pour voir des photos de l'extérieur et l'intérieur de la galerie... désolée pour le site en anglais), qui travaille fort pour démocratiser le graffiti. Comme de vrais touristes, nous avons sorti caméra photo, iPod, cellulaire et autres gadgets pour ramener des parcelles de murs colorés chez nous.

Voici des photos que j'ai prises quelques jours avant la visite:


Cette murale du collectif MU se trouve sur de Maisonneuve au coin de Sanguinet. Nous ne sommes pas passés par là mais je la trouve intéressante car c'est un style tout à fait différent des graffitis.












Un mur entièrement recouvert de graffitis, créés si je ne me trompe pas pendant le festival UNDER PRESSURE...

Ah, ces fameuses murales en noir et blanc qu'on retrouve de plus en plus souvent sur les murs de Montréal... et même au Musée des Beaux-Arts l'hiver passé! Elles sont faites par le collectifs d'artistes nommé En Masse, et nous n'avons pas fini de les admirer! Ces deux-là se retrouvent sur de vieux conteneurs au métro Saint-Laurent.







Voici finalement 2 murales qui ornent l'Espace peint frais devant lesquelles nous sommes passés vendredi.


















Enfin, nous avons été chaleureusement accueillis à la [SAT] et nous avons pu toucher et expérimenter différents outils technologiques d'équipement professionnel. Un DJ/VJ montréalais de renommée mondiale était avec nous pour nous initier à son art. De courageux volontaires ont improvisé des rythmes enlevants.


 Du bidouillage électronique pour faire de la musique.


Le coffre à outils du parfait DJ.

Et pour finir en beauté, nous avons monté au dôme, écran unique au Canada de 360 degrés! Y regarder des vidéos donne l'impression d'être complètement plongé dans l'image, d'où le terme d'environnement immersif. Bref, ce fut une visite mémorable...


jeudi 18 octobre 2012

Les Nanas

Ce projet m'a été gracieusement offert par la merveilleuse Carole, à la fin de l'an dernier, alors que j'étais épuisée et en panne d'inspiration pour terminer mon premier contrat annuel avec mes secondaire 3 et 4. C'est coloré, c'est manuel, il y a peu de contraintes; ce fut très plaisant à faire!

INSPIRATION

J'ai d'abord présenté aux élèves l'artiste Nikki de Saint-Phalle. Ce qui est génial avec Nikki, c'est qu'elle incarne l'Artiste avec un grand A, dans toute son histoire glamour: un passé lourd de secrets, une grande beauté et un début de carrière de mannequin, une énergie destructrice passionnée, une grande féministe et femme de caractère, et une mort causée par son art, plus précisément par les émanations trop longtemps respirées en créant ses sculptures gigantesques.

Elle s'est fait connaître en peignant à la carabine, c'est à dire en faisant exploser des ballons de peinture sur un fond blanc en leur tirant dessus. Ce que j'aurais aimé participer à ces happenings!

Mais ce qui nous intéresse ici, ce sont ses grosses Nanas colorées:
Nana noire

Nanas Washington

Ces femmes rondes, dodues, dansantes, ne peuvent que susciter la sympathie.

ÉTAPES DU PROJET

1- La boule
Pour les exercer au papier mâché et fabriquer du même coup la base de la sculpture, j'ai demandé aux élèves de faire une boule de papier journal de la grosseur d'une orange. Il faut l'écraser le plus possible pour enlever l'air et faire une boule la plus compacte possible. Ils peuvent se mettre à deux pour ensuite bien faire tenir le tout avec du papier cache bien serré. Bien sûr, se retrouver avec 30 élèves tenant une balle dans la main demande un certain goût du risque. 

2- La personnalité de la Nana
Est-ce une baigneuse? Une super-héroïne? Une ballerine? Un homme? Demander aux élèves ce qu'ils veulent que leur nana devienne. Sa posture doit refléter son identité.

3- Les tubercules
À partir de la boule, il faut façonner les quatre membres et la tête de la nana. Viennent ensuite les seins et les fesses. Oui oui, les SEINS et les FESSES. Une fois dit bien clairement et ri tous en choeur, on peut passer à autre chose. La difficulté réside dans le fait que la structure de papier journal doit être très compacte: les élèves ont tendance à seulement rouler un cylindre vide et croire que tout va bien. Ils déchantent vite à l'étape du papier mâché! Il ne faut pas avoir peur d'utiliser beaucoup de papier cache pour bien serrer le tout et bien fixer les membres au corps. Sinon, tout est détruit le cours suivant...

4- Le papier mâché
Le plaisir commence! Pour un papier mâché de qualité, il faut déchirer, avec les doigts, des rectangles de papier journal de un à deux pouces de longueur, pas plus! Sinon, plein de plis se forment sur la surface ronde. Pour une sculpture bien dure, huit couches de papier mâché sont nécessaires; j'ai eu le temps d'en faire 6 couches avec mes élèves les plus appliqués. Moins que 6 couches, les sculptures sont trop molles. À la fin de chaque cours, j'ai pris les deux dernières minutes pour faire un massage intégral collectif à nos nanas. Cette étape est cruciale pour bien lisser le papier mâché, ce qui est souvent oublié par nos chers étudiants. Masser avec toute la main, jusqu'à l'intérieur de la paume, affiner les courbes des seins et des fesses, de la tête... un grand plaisir collectif! Pour accélérer le processus de séchage entre les couches, j'avais accès à deux séchoirs à cheveux. Ce n'est pas essentiel, mais c'est vraiment très utile.

5- Les motifs et les couleurs
Comme nous avions travaillé beaucoup la manipulation des couleurs à la gouache liquide, j'ai interdit à mes élèves d'utiliser des couleurs primaires: ils devaient créer eux-mêmes toutes les couleurs à appliquer sur leur nana (sauf le blanc, le noir et les couleurs métalliques, un petit cadeau) et travailler le motif. Une fois peintes, les nanas sont recouvertes de vernis à gouache. Voilà!















lundi 15 octobre 2012

Ça décoiffe!

Voici le projet que j'ai utilisé pour ma première évaluation en tant qu'enseignante, en hiver 2012. Je suis particulièrement fière du déroulement de ce projet: les élèves ont adoré travailler l'encre de Chine à la plume et la majorité d'entre eux ont été surpris de ce qu'ils ont réussi à produire comme oeuvre. L'idée est très simple: travailler le portrait, les motifs et les textures représentées en s'inspirant de la coiffure.

Le projet a été présenté à des élèves de 3e et 4e secondaire.

PHASE D'INSPIRATION

Pour motiver mes élèves, je leur ai montré un très large éventail de coiffures et de coiffes de toutes les époques et de tous les continents. Je me suis rendue compte en cours de préparation que j'avais un défi à relever: accrocher les garçons (qui étaient majoritaires dans mes classes l'an dernier) à faire un dessin sur la chevelure... Ça n'a fait qu'enrichir la thématique: chapeaux haut-de-forme, coiffes de chefs amérindiens, tricornes à plumes, tressages haïtiens, la coiffe est un symbole social autant pour les hommes que pour les femmes!

J'en ai aussi profité pour les initier à l'art de la Renaissance par l'entremise du portrait, et à la virtuosité des gravures de Dürer:

Peinture de Fra Filippo Lippi

Gravure d'Albrecht Dürer




Deux coiffures qui ont eu beaucoup de succès auprès des élèves:

 
Un chef amérindien

 
La coiffure de l'Indépendance, 
ou comment se promener avec un trois mâts sur la tête à la façon Marie-Antoinette!

ÉTAPES DU PROJET

Il a fallu tout d'abord s'exercer à dessiner un personnage de profil. Une fois la technique bien maîtrisée, les élèves doivent faire un croquis de leur portrait, avec la coiffure la plus extravagante possible! Des exercices à la plume à dessin sur les motifs et les textures représentées sont aussi nécessaires.

Après avoir reproduit leur portrait sur un grand carton blanc, les élèves ont tracé les lignes à la plume à dessin, avec moult détails. On devait apercevoir au moins un accessoire sur la tête, et une partie de l'habit du personnage. 

Pour l'arrière-plan, je les ai initiés au lavis, qui consiste à diluer l'encre de Chine pour travailler les tons de gris et les appliquer au pinceau. J'ai demandé de créer un paysage ou un intérieur qui ajoute un élément de profondeur au dessin. Pour leur faire plaisir, ceux qui avaient tout terminé ont pu ajouter des touches d'encre de couleur à leur oeuvre, pour rehausser certains détails. Et voilà!








Autoportraits en chocolat

Ce projet, inspiré par l'un de mes artistes préférés, Vik Muniz, allie aussi mes deux passions: les arts et la bouffe! Ce projet est parfait en début ou en fin d'année, puisqu'il sort des sentiers battus de la classe d'arts plastiques tout en restant très simple. La prémisse: on peut créer avec n'importe quel matériau. Les questions sous-jacentes: qu'est-ce que l'art? Qu'est-ce qu'un artiste? Est-ce que recopier des oeuvres à sa manière fait de Vik Muniz un imposteur ou un génie?

Voici le magnifique site web de Vik Muniz.

Plus récemment, Muniz accorde une grande importance à la portée sociale de son travail. Le lien entre le matériau utilisé et le sujet est extrêmement étroit et d'une importance cruciale. Par exemple, dans le magnifique documentaire Waste Land, il passe deux ans au Brésil, son pays natal, pour rencontrer des trieurs de déchets, les catadores, et créer d'immenses portraits à partir des matériaux récupérés par ceux-ci. Son but: faire découvrir l'art à ces gens en les faisant participer activement à la création et à l'élaboration des portraits, et redonner à cette communauté en versant le prix de chaque photographie au principal intéressé. Je vous l'ai dit que c'est l'un de mes artistes préférés?

Pour ma part, je me suis tenue à l'aspect ludique de son travail, mais il peut être très intéressant d'y ajouter une portée humanitaire.

ÉTAPES DU PROJET:

Ce projet s'est fait dans des classes de 3e, 4e et 5e secondaire. Pour les 3e et 4e, nous avons utilisé du sirop de chocolat. Pour la 5e secondaire, les élèves avaient le choix du médium parmi ceux que je leur ai fournis: chocolat, bonbons, riz, poivre, paillettes, ou tout autre petit objet qu'ils peuvent apporter eux-mêmes.

Avant même de parler du projet aux élèves, je les ai photographiés avec des accessoires qu'ils pouvaient apporter pour se déguiser devant la caméra. Cette astuce a permis aux plus gênés de se camoufler derrière des lunettes ou sous un chapeau, et de mettre un peu de vie à ces portraits d'uniformes scolaires. Il est important d'avoir une source d'éclairage sur le côté, une fenêtre ou une bonne lampe. Il faut ensuite mettre les photos en noir et blanc sur Photoshop (le découpage en deux tons se fait très bien avec l'option isohélie) et les imprimer. Tant mieux si vous pouvez le faire faire aux élèves, pour ma part j'ai du tout faire moi-même...

Après avoir montré quelques images issues de l'histoire de l'art et les reproductions inusitées que Muniz en a fait, j'ai montré aux élèves son portrait en chocolat. Ensuite, les élèves doivent calquer leur portrait et le reproduire sur un carton blanc. Pour plus de défi, la reproduction peut se faire en dessin d'observation, mais le calquage est déjà plus complexe que je ne l'aurais cru!

Une fois la photo reproduite, il ne reste qu'à emplir les espaces noircis de mine avec du sirop de chocolat. Des bâtonnets à café et des cure-dents pour les détails font l'affaire. On entendait les mouches voler, quelle concentration!






Voici les oeuvres appétissantes de mes élèves de 5e secondaire:


En brillants (je ne vous le conseille pas!!!)

En petits bonbons

En paillettes et chocolat

Et finalement... en miettes de simili-bacon!!! (remarquez l'aura de gras autour du portrait...)



Nouveau blog!!!

Bonjour!

Après avoir été déçue par Jimdo, je me suis enfin décidée à créer mon blog en arts. Ce blog se veut une vitrine pour les projets de mes élèves et une source d'inspiration pour les enseignants. Ce serait tout de même apprécié d'indiquer cette source si vous reprenez des idées!